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Rapport Cormier-Bouligeon Gatel : développer la pratique sportive tout au long de la vie



Le sport, « une grande cause nationale »
Le rapport, né d'« une volonté du président de la République d'ancrer le sport au cœur de la société », avec un objectif de « trois millions de pratiquants supplémentaires », fait le constat des « bienfaits de la pratique physique et sportive pour la cohésion sociale, le bien-être, la santé, la productivité, désormais démontrés scientifiquement. »

Pourtant, poursuit-il, « seulement un Français sur deux pratique une activité physique et sportive régulière ».

Après « six mois d'auditions et de déplacements » et « près de cent structures auditionnées », François Cormier-Bouligeon (LREM) et Françoise Gatel (UDI) ont identifié par ce rapport « les freins d'accès à la pratique sportive » et avancent des propositions pour les lever, avec comme ligne de mire les Jeux olympiques de 2024, « une échéance formidable pour promouvoir le sport pour tous ».

Le rapport parlementaire a été remis jeudi 21 mars 2019 au Premier ministre, Édouard Philippe, et à la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu. De l'adaptation et la diversification de l'offre sportive, au sport en entreprise ou à des fins de santé, le député du Cher, François Cormier-Bouligeon, et la sénatrice d'Ille-et-Vilaine, Françoise Gatel, ont identifié au total « huit chapitres » pour « faire de la France une vraie nation sportive » et atteindre l'objectif de 3 millions de pratiquants supplémentaires en 2024.

La pratique libre dépasse la pratique en clubs
Sans surprise, le premier constat opéré par les parlementaires -et répété à longueur de colloques sur le sujet- met en lumière l'inadéquation entre l'offre sportive et les attentes de la population.
Autrement dit, « plus de la moitié des pratiquants d'activités physiques et sportives (18 millions sur 34 millions) ne sont pas licenciés dans une fédération sportive ». Pour « encourager et soutenir financièrement l'offre pluridisciplinaire et l'accueil de publics divers par les associations », les parlementaires préconisent « un cadre de mutualisation et de contractualisation » entre les collectivités et les clubs sportifs « pour bâtir une offre cohérente au niveau local » et de « généraliser la mise en place, dans un cadre partenarial (État, collectivités territoriales et Mouvement sportif), de dispositifs permettant la pratique d'un ensemble d'activités physiques et sportives gratuites pour des publics éloignés » que sont les femmes isolées, les jeunes en quartiers prioritaires de la politique de la ville ou les séniors en milieu rural, où la pratique sportive « est freinée par l'éloignement des équipements (…) mais aussi par la faiblesse du nombre d'éducateurs qualifiés et à l'éparpillement des pratiquants ».
Les parlementaires plaident aussi pour la création d'un « bonus », qui s'ajouterait à la Dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR), « pour les projets d'équipements sportifs mutualisés entre plusieurs communes et ceux accueillants des publics éloignés de la pratique ».

Une optimisation de l'utilisation des installations sportives scolaires
Un chapitre complet du rapport est consacré aux équipements sportifs, dont sont majoritairement propriétaires les communes (70 %). Inégalement répartis sur le territoire -les QPV sont sous dotés au regard de leur population et les outre-mer connaissent un déficit accru en matière d'équipements sportifs- leur manque d'accessibilité est criant. « L'ouverture systématique des installations sportives des établissements scolaires pour les activités sportives hors cadre scolaire » et « l'existence systématique d'une installation sportive » dans le cahier des charges des futures constructions d'équipements sportifs scolaires peuvent être des réponses aux yeux des parlementaires.
Les auteurs du rapport souhaitent, en parallèle, que soit réalisée une cartographie des équipements sportifs, « en y intégrant les espaces, sites et itinéraires (ESI) ». Celle-ci indiquera leur taux de saturation, leur vétusté et sera « mise en résonance avec les besoins de la population du territoire concerné ». Ils préconisent encore l'élaboration d'un plan pluriannuel de modernisation des équipements sportifs.

« Un bloc communal » dans la gouvernance du sport
S'agissant du nouveau modèle de gouvernance du sport français, qui sera incarné par l'Agence nationale du sport à partir de la mi-avril, les parlementaires misent sur un « troisième niveau « bloc communal » (communes et intercommunalités) aux côtés des niveaux nationaux et régionaux » afin « d'accompagner et d'encourager l'élaboration de projets sportifs territoriaux concertés entre les acteurs ».
Le nouveau modèle, un groupement d'intérêt public (GIP), repose sur une gouvernance « partagée à responsabilités réparties ». Au niveau national comme au niveau local, l'État, les collectivités territoriales et le Mouvement sportif pèsent ainsi 30% chacun dans les décisions. 10% reviennent au monde économique.

Le sport, c'est la santé
Pratiquer une activité régulière, ça représente « 300 millions d'euros d'économies sur les dépenses de santé », affirme le rapport, qui pointe le problème de « médecins insuffisamment mobilisés sur les enjeux du sport santé » et pas assez informés, ainsi qu'une « absence de financement de la Sécurité sociale. »
Quelles solutions ?
Parmi les recommandations des deux parlementaires : « le remboursement de la consultation et de la prescription d'activité physique adaptée (APA) par la Sécurité sociale », et « revoir les critères de financement des Ehpad », en prenant aussi en compte « la mise en place d'activité physique et sportive pour renforcer l'autonomie des personnes âgées. »

Pour en savoir plus,
> Écouter les prestations de Jean-Louis DESNOUES, Président du CROS Centre-Val de Loire et du député du Cher, François Cormier-Bouligeon, sur France 3 Centre (vendredi 22 mars, infos régionales 19/20, à partir de 13'20)
> Parcourir le rapport : https://fr.scribd.com/document/402650712/Rapport-Sport-Pour-Tous

Source : MAIRE info et Le Berry républicain




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